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Québec Transat Québec Saint-Malo : Au petit trot vers Saint-Pierre

Publié le 13 juillet 2016 à 13 h 58
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Communiqué

En enroulant tout juste 48 heures après le départ la bouée de Percé, dernière des quatre marques de parcours mouillées dans le Saint-Laurent, les premiers multi50 de la Transat Québec Saint-Malo présentée en collaboration avec la Ville de Lévis, ont tourné le dos à 371 milles d’une navigation intense, contrastée, et sublimement épuisante.

Suivis à faible distance par six des principaux protagonistes de la Class40, ils ouvrent depuis la nuit dernière le chapitre déjà océanique de la traversée du Golfe du Saint-Laurent, en route vers l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon. Une « pause », entre les pièges du grand fleuve, et cet Atlantique Nord espéré et attendu très venté. En quête d’un peu de repos, les marins reportent leur stress de la navigation fluviale sur celui, plus habituel pour eux, de la régate. C’est en effet à vue, quasiment bord à bord, que trois Multi50 et six Class40 se dirigent vers Saint-Pierre, l’archipel français que les trimarans pourraient atteindre demain soir. Les classements dans ces deux classes de la course vont poursuivre leurs incessants jeux de chaise musicale, à l’heure où les deux géants de la course, les Ultime Musandam Oman Sail et Spindrift 2, entameront leur descente du Saint-Laurent cet après-midi dès 16h.

 

Fatigue et bœuf bourguignon

Alors que la majorité de la flotte des monocoques, Class40 et le mono de 50 pieds Guadeloupe Dynamique, en terminera ce soir avec la descente du Saint-Laurent, les ambiances selon qu’on navigue en tête ou dans le peloton de la flotte diffèrent sensiblement. Le stress de naviguer bord à bord avec un concurrent connu pour l’excellence de son équipage et les performances du voilier étreint les six équipages entrés en tête dans le Golfe du Saint-Laurent. De Gonzalo Botin, dont la vitesse de son Tales II va bien finir par embêter ses plus proches adversaires, à Armel Tripon (Black Pepper Les P’tits Doudous by Moulin Roty), sixième du groupe de tête, difficile d’évacuer la fatigue accumulée et consécutive à deux premiers jours de course d’une rare intensité. La navigation sur une mer toujours aplanie, dans un vent allant mollissant, implique un étalonnage permanent des vitesses quand, de droite et de gauche, évolue la concurrence. L’arrivée sous Terre-Neuve de conditions enfin stabilisées, faciles à déchiffrer sur des fichiers météo enfin fiables, va encourager la mise en place plus systématique des quarts. L’heure est à la vitesse, aux réglages, à l’excellence à la barre, mais aussi au placement dans l’attente des conditions à venir. Gonzalo Botin a ainsi choisi de demeurer au plus près de l’orthodromie, sur la route de rapprochement la plus directe, tandis qu’Isabelle Joschke et son équipage « All Star » composé d’Alain Gautier et de Pierre Brasseur, se laissaient glisser près de 7 milles en son Sud. Passé Saint-Pierre, il sera temps de mettre en pratique une stratégie de course sur laquelle les navigateurs du bord cogitent depuis déjà plusieurs heures. Avec des écarts dépassant à peine les six milles entre les six premiers voiliers, après plus de 400 milles de course, cette Transat Québec Saint-Malo tient ses promesses de régate acharnée au contact. Le scénario en développement aux avant-postes semble reproduit à l’identique entre les protagonistes des 7e à la 12e place, et de Esprit Scout (Marc Dubos) 13e, à Stéphane Bry (Sirius), 18e.

 

Les Multi50 groupés au Cap-Breton

C’est avec philosophie que Pierre Antoine analyse la situation de son trimaran 50 pieds Olmix. Certes, il n’est plus en mesure de prendre part à la passionnante régate à trois que se livrent à plus de 100 milles de lui les multicoques plus récents et plus performants de la flotte, mais la proximité jusqu’à ce matin et l’obligatoire divergence des routes, avec les meilleurs Class40 a été une source intarissable de motivation. « Ces Class40 sont de petites bombes, et nous sommes plutôt heureux de pouvoir jouer un peu avec eux à bord de notre vénérable Olmix de 20 ans d’âge. » Au large de Cap-Breton, à la pointe nord est de la Nouvelle-Écosse, à moins de 170 milles de Saint-Pierre-et-Miquelon, Gilles Lamiré (France Tech Rennes St-Malo) et Lalou Roucayrol ne se lâchent plus d’un flotteur. À 2,3 milles sous leur vent, Thierry Bouchard (Ciela Village) se fait discret, attendant la bonne opportunité pour damer le pion à ses deux rivaux dans un petit souffle de secteur nord-nord-est.

 

Ils ont dit :

Isabelle Joschke, Generali Horizon Mixité

« Ça se passe plutôt pas mal pour nous. On est à la bagarre avec les copains. Nous sommes bien sortis du Saint-Laurent, au prix d’une belle fatigue. Il y a eu plein de surprises et de rebondissements, comme prévu. Cela a été une belle navigation, avec beaucoup d’enchainements de manœuvres, mais aussi de situations météo complexes. On sort du Saint-Laurent à Percé en tête. Nous sommes ce matin encore à vue avec trois bateaux. Le vent tombe dans le Golfe. On va pouvoir souffler un peu. Nous alternons à la bannette à tour de rôle. Notre objectif est de ne pas nous laisser décrocher. Ce Saint-Laurent me laissera un excellent souvenir. On y a connu de très bons moments. On oubliera les moins bons… »

 

Pierre Antoine, Olmix

« Nous naviguons depuis le départ avec les Class40 ; un coup ils sont devant, un coup c’est nous qui repassons. Pour notre vénérable bateau en bois de plus de 20 ans, ce n’est pas insultant. Ces Class40 nouvelles générations sont des petites bombes. On sort du Saint-Laurent plutôt satisfaits. On a bien joué dans les courants. On n’a jamais été vraiment arrêtés. Les paysages étaient extraordinaires, notamment les levers de soleil. On profite du petit temps pour nous reposer et nous préparer au vent plus soutenu après Saint-Pierre. »

 

Phil Sharp, Imerys

« Le Saint-Laurent a été fidèle à sa réputation, totalement imprévisible. Les fichiers Grib n’y sont pas fiables. Il faut être très opportuniste, pour exploiter la bonne veine, le bon courant. Cela demande énormément de disponibilité sur le pont pour manœuvrer, changer les voiles, etc… On a bien tiré sur le bateau aussi pour essayer de rester devant. On est bien fatigués. L’entente à bord est excellente. On s’attend à moins de vent aujourd’hui. »

 

François Lassort, Montres Michel Herbelin

« Nous sommes contents de notre navigation. Le Saint-Laurent ne nous a pas trop embêté. On a dû en tout et pour tout mouiller juste une heure le premier soir pour ne pas reculer. On est en régate avec des bateaux plus récents que le nôtre. C’est passionnant. On espère avoir du vent en Atlantique pour rallier Saint-Malo depuis Saint-Pierre en 8 ou 9 jours. Bonne ambiance à bord. Nourriture excellente, bœuf bourguignon, poulet… »

 

Karine Fauconnier, Arkema

« Lever de lune orangé d’un côté, aurore boréale de l’autre sur la Gaspésie… Le fleuve s’ouvre sur le Golfe, on souffle un peu. Mais on sait que le parcours nous enverra faire du tourisme dans des endroits, certes, magiques et légendaires comme la baie de Gaspé, le Roché Percé ou les Iles de la Madeleine, mais aussi et surtout sans vent. Toute notre avance fond comme neige au soleil à chacune de ces bouées collées à la côte alors que le vent est à quelques encablures au large, et il nous faut tout reconstruire… L’effet accordéon. La baie de Gaspé restera sans doute dans nos mémoires longtemps, entourés de dizaines de baleines et de phoques pendant toute la remontée. Les souffles à moins d’une dizaine de mètres du bateau. Heureusement que l’on ne navigue pas trop vite… Le Roché Percé me fait penser à la falaise d’Etretat. C’est beau... mais pas trop longtemps. On est restés collés là et les concurrents sont revenus et on est tous repartis ensemble. Nous naviguons désormais tous à vue, French Tech Rennes St-Malo est passé en vitesse, Ciela Village tout proche que nous essayons de contenir, car leur bateau est très à l’aise dans ce petit temps. L’équipage ne lâche rien, pugnacité, ténacité, sont les maîtres mots. Chaque réglage compte pour espérer repasser devant.

En tout cas la régate est disputée, ça la rend d’autant plus belle. »

 

Tous les détails de la programmation et les détails sur les équipages inscrits sont disponibles via le transatquebecstmalo.com

 

À propos de la Transat Québec Saint-Malo

La Transat Québec Saint-Malo (TQSM) est un événement de Voile internationale Québec (VIQ) qui a pour mission de promouvoir le sport de la voile, le fleuve Saint-Laurent et le développement des relations économiques et culturelles entre la Ville de Québec, la Ville de Lévis et la Ville de Saint-Malo. Tous les quatre ans depuis 1984, le départ de la Transat Québec Saint-Malo est donné entre les villes de Québec et Lévis. Pour tous les équipages, un seul objectif : relever les défis de navigation du fleuve Saint-Laurent et traverser l’océan Atlantique en un temps record ! Depuis 2012, VIQ mandate GESTEV comme producteur délégué de la TQSM. Spécialisée en gestion d’événements sportifs et culturels, GESTEV est installée depuis 1992 dans la région de Québec et est certifiée éco-responsable selon la norme BNQ 9700-253.

 

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